Les Saints
Sainte Thérèse de Lisieux, la petite voie de l'enfance spirituelle
Sainte Thérèse de Lisieux, carmélite morte à vingt-quatre ans : sa vie, la petite voie, l'Histoire d'une âme, la pluie de roses, la prière et la neuvaine, sa fête au 3 octobre.

Sainte Thérèse de Lisieux (1873-1897), en religion sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, est une carmélite française morte à vingt-quatre ans et canonisée par Pie XI en 1925. Docteur de rien selon le monde, elle a laissé à l'Église la « petite voie » de l'enfance spirituelle, le livre Histoire d'une âme, et la promesse d'une pluie de roses ; elle est patronne principale des missions et, depuis 1944, patronne secondaire de la France. Sa fête est inscrite au 3 octobre dans le calendrier traditionnel.
Qui est sainte Thérèse de Lisieux : sa vie et son histoire
Thérèse Martin naît à Alençon le 2 janvier 1873, dernière des enfants de Louis Martin et de Zélie Guérin, dont les cinq filles survivantes entreront toutes en religion. Sa mère meurt en 1877 ; la famille s'établit alors à Lisieux, dans la maison des Buissonnets. Une sensibilité excessive marque son enfance, dont elle est délivrée dans la nuit de Noël 1886, qu'elle appelle sa grâce de conversion.
Dès lors, elle veut entrer au Carmel de Lisieux, où deux de ses sœurs l'ont précédée. Devant les refus opposés à son âge, elle ose, au cours du pèlerinage de novembre 1887 à Rome, demander cette grâce au pape Léon XIII lui-même. Elle entre au Carmel le 9 avril 1888, à quinze ans, et fait profession le 8 septembre 1890. Sa vie religieuse est extérieurement sans relief : la prière, le silence, les offices, les emplois ordinaires d'un monastère. C'est par obéissance qu'elle rédige les souvenirs qui formeront l'Histoire d'une âme. Atteinte de tuberculose, éprouvée dans les derniers mois par une nuit intérieure offerte pour les incrédules, elle meurt le 30 septembre 1897 en disant son amour de Dieu.
La petite voie de l'enfance spirituelle
La doctrine de Thérèse tient dans ce que l'Église appelle la petite voie : aller à Dieu non par les grandes œuvres, mais par la confiance et l'abandon d'un enfant. Elle ne l'a pas inventée ; elle l'a lue dans l'Écriture. Notre-Seigneur dit dans l'Évangile : « En vérité, je vous le dis, si vous ne vous convertissez et ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux » (Matthieu 18, 3, version Crampon). Thérèse s'appuie de même sur la parole de la Sagesse : « Si quelqu'un est tout petit, qu'il vienne à moi » (Proverbes 9, 4), qu'elle cite dans son dernier manuscrit.
Se sachant incapable de gravir « le rude escalier de la perfection », elle cherche, écrit-elle, un ascenseur pour monter jusqu'à Dieu, et le trouve dans les bras de Jésus : il suffit de rester petit et de le devenir de plus en plus. Cet effacement volontaire rejoint le mot de saint Jean-Baptiste devant le Christ : « Il faut qu'il croisse et que je diminue. » La petite voie n'est ni relâchement ni sentimentalisme : elle exige la fidélité entière dans les plus petites choses, l'oubli de soi, l'acceptation de sa pauvreté. En 1895, Thérèse s'offre en victime d'holocauste à l'Amour miséricordieux de Dieu — offrande qui prolonge, sous une forme propre, la dévotion réparatrice au Sacré-Cœur de Jésus.
L'Histoire d'une âme, son livre
Le livre de sainte Thérèse de Lisieux, Histoire d'une âme, réunit les trois manuscrits autobiographiques écrits par obéissance à ses supérieures entre 1895 et 1897. Publié en 1898, un an après sa mort, il se répand avec une rapidité que rien n'explique humainement : traductions, rééditions, lettres affluant au Carmel du monde entier. C'est par ce livre que la petite voie est sortie du cloître et que des âmes innombrables ont appris à espérer la sainteté dans une vie ordinaire, à l'atelier comme au cloître, de même que saint Éloi avait sanctifié son métier d'orfèvre bien avant elle. Il demeure la source première pour connaître la sainte, avec le recueil de ses derniers entretiens publié par le Carmel sous le titre Novissima Verba.
La pluie de roses et les miracles
Sur son lit d'infirmerie, Thérèse annonce sa mission posthume. « Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre », dit-elle en juillet 1897 ; et encore : « Après ma mort, je ferai tomber une pluie de roses » (Novissima Verba). La pluie de roses désigne l'abondance des grâces obtenues par son intercession après sa mort : guérisons, conversions, protections, dont les procès de béatification et de canonisation ont examiné les preuves selon les règles sévères de l'Église, et dont les recueils édités par le Carmel se remplissaient dès avant 1923. L'Église propose ces faits à la piété des fidèles, non à leur curiosité. Comme pour sainte Rita, invoquée dans les causes désespérées, la rose n'est pas un talisman : elle est un signe que Dieu écoute les petits et honore ceux qui l'ont aimé.
Patronne des missions et patronne secondaire de la France
Béatifiée le 29 avril 1923 et canonisée le 17 mai 1925 par Pie XI — l'année même où fut canonisé le curé d'Ars —, Thérèse est déclarée par le même pape, en 1927, patronne principale de toutes les missions, à l'égal de saint François Xavier. Le choix n'a rien de paradoxal : cloîtrée, elle avait porté les missions par la prière et le sacrifice, et s'était liée spirituellement à des prêtres missionnaires, héritiers des anciens apôtres qui évangélisèrent nos contrées, tel saint Hubert dans les forêts de l'Ardenne. En 1944, Pie XII la déclare patronne secondaire de la France, aux côtés de sainte Jeanne d'Arc, la Vierge Marie demeurant patronne principale du royaume. La protectrice de la France est ainsi une moniale morte inconnue à vingt-quatre ans.
Prière à sainte Thérèse de Lisieux
L'Église elle-même nous donne la prière la plus sûre : l'oraison de sa messe au Missel romain de 1962, que nous traduisons du latin. « Seigneur, qui avez dit : Si vous ne devenez comme de petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux, accordez-nous de suivre les traces de la vierge sainte Thérèse dans l'humilité et la simplicité du cœur, afin d'obtenir les récompenses éternelles. » On peut y joindre l'invocation courte : Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, patronne des missions, priez pour nous.
Prier sainte Thérèse, c'est demander son intercession auprès de Dieu, seul auteur de toute grâce ; la prière de guérison ou de protection qui lui est adressée passe par elle et aboutit à Lui. On lui confie toute intention, jusqu'aux plus pressantes que d'autres portent à saint Expédit pour les causes urgentes. La meilleure manière de l'honorer reste de pratiquer ce qu'elle a enseigné : la confiance, la fidélité dans les petites choses, la prière du matin et du soir faite avec un cœur d'enfant.
La neuvaine à sainte Thérèse
La neuvaine à sainte Thérèse de Lisieux consiste en neuf jours consécutifs de prière pour une intention précise, souvent du 24 septembre au 2 octobre, veille de sa fête traditionnelle, mais elle peut être faite en tout temps. Chaque jour, on récite la prière donnée ci-dessus, avec un Notre Père, un Je vous salue Marie et un Gloire au Père, en exposant sa demande ; sur le sens et l'origine de cette pratique, nous renvoyons à notre article sur la neuvaine. Elle n'est pas une mécanique qui contraint le ciel, mais une école de persévérance et d'abandon, dans l'esprit même de la petite voie.
Sa fête : le 3 octobre au calendrier traditionnel
Au calendrier traditionnel, suivi par le Missel de 1962, la fête de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus est célébrée le 3 octobre, trois jours après l'anniversaire de sa mort. Le calendrier réformé de 1969 l'a déplacée au 1er octobre ; c'est cette date que suivent les paroisses actuelles. Le 15 octobre appartient à une autre sainte, Thérèse d'Avila. Ceux qui suivent l'usage traditionnel gardent donc le 3 octobre.
Sainte Thérèse de Lisieux et sainte Thérèse d'Avila
Il ne faut pas confondre les deux Thérèses du Carmel. Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), espagnole, est la grande réformatrice de l'ordre du Carmel, auteur du Château intérieur, fêtée le 15 octobre ; c'est elle que représente la célèbre statue du Bernin dite l'Extase de sainte Thérèse, à Rome. Sainte Thérèse de Lisieux, française, vit trois siècles plus tard dans un carmel issu de cette réforme, sous le nom de Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face. La fille a pris le nom de la mère, et leurs doctrines s'accordent : la petite voie mène par la confiance à l'union à Dieu que la Madre décrivait aux âmes avancées.
Lisieux : la basilique, le Carmel et Les Buissonnets
Lisieux est devenu, avec Notre-Dame de Lourdes, l'un des premiers pèlerinages de France. La basilique Sainte-Thérèse de Lisieux, commencée en 1929 sur la colline dominant la ville et consacrée en 1954, compte parmi les plus vastes églises élevées au XXe siècle. Le pèlerin visite aussi le Carmel, où reposent les reliques de la sainte dans une châsse exposée à la vénération des fidèles, la maison des Buissonnets où elle grandit, et sa maison natale d'Alençon. Ces lieux ne sont pas des curiosités : on y va pour prier, se confesser et entendre la messe.
Questions Fréquentes
Qui est sainte Thérèse ?
Sainte Thérèse de Lisieux (1873-1897) est une carmélite française morte de tuberculose à vingt-quatre ans, canonisée par Pie XI en 1925, patronne des missions et patronne secondaire de la France. Elle a enseigné la petite voie de l'enfance spirituelle, exposée dans son livre Histoire d'une âme.
C'est quand la sainte Thérèse ?
Au calendrier traditionnel de 1962, la fête de sainte Thérèse de Lisieux est le 3 octobre. Le calendrier réformé de 1969 la célèbre le 1er octobre. Sainte Thérèse d'Avila, autre carmélite, est fêtée le 15 octobre.
Où est enterrée sainte Thérèse de Lisieux ?
Sainte Thérèse fut inhumée au cimetière de Lisieux en 1897. Après sa béatification, ses restes furent transférés en 1923 à la chapelle du Carmel de Lisieux, où ils reposent dans une châsse exposée à la vénération des fidèles.
Le corps de sainte Thérèse de Lisieux est-il intact ?
Non. Lors des exhumations faites pour les procès de béatification, à partir de 1910, le corps fut trouvé réduit à l'état d'ossements. L'Église n'a jamais fait de l'incorruptibilité une condition ni une preuve de sainteté ; ce sont les vertus héroïques et les miracles vérifiés qui fondent la canonisation.
Comment est morte sainte Thérèse de Lisieux ?
Elle est morte de tuberculose le 30 septembre 1897, au Carmel de Lisieux, après dix-huit mois de maladie et une longue épreuve intérieure qu'elle offrit pour les âmes sans foi. Ses derniers mots furent une parole d'amour de Dieu, recueillie dans Novissima Verba.
De quoi sainte Thérèse est-elle la protectrice ?
Elle est patronne principale des missions catholiques, à l'égal de saint François Xavier (Pie XI, 1927), et patronne secondaire de la France, aux côtés de sainte Jeanne d'Arc (Pie XII, 1944). Les fidèles l'invoquent aussi pour les prêtres, les missionnaires et les malades.
Peut-on prier sainte Thérèse pour réaliser un vœu ?
On peut confier toute intention légitime à son intercession, notamment par une neuvaine. Mais la prière chrétienne n'est pas un procédé pour obtenir un résultat : elle demande à Dieu, par la sainte, ce qui est conforme à sa volonté, et s'en remet à Lui pour le reste.
L'application Iter Fidei donne les prières traditionnelles, les psaumes, le calendrier liturgique de 1962 où la fête de sainte Thérèse est au 3 octobre, et l'audio pour prier chaque jour. Téléchargez-la ici.
Sources. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Histoire d'une âme (Lisieux, 1898). Novissima Verba, derniers entretiens de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus (Carmel de Lisieux, 1926). Sainte Bible, version Crampon (Matthieu 18, 3 ; Proverbes 9, 4). Pie XI, actes de béatification (1923), de canonisation (1925) et déclaration du patronage des missions (1927). Pie XII, déclaration du patronage secondaire de la France (1944). Missel romain de 1962, messe du 3 octobre.